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Etonnamment c’est bien l’esthétisme qui gouverne une grosse partie de notre travail d’électricien (du moins dans le résidentiel). Vous ne voulez pas voir ces cables disgracieux ? Et bien, sachez que nous passons beaucoup de temps à les enterrer, les encastrer, tous ces travaux générant une complexité certaine. Puis finalement nous nous évertuons à les retrouver en cas de dépannage ou de modifications futures.

Puisque le réseau de fils électriques est « caché« , puis ultérieurement « oublié« , il n’est finalement pas étonnant qu’il soit « ignoré » en amont d’une future installation électrique neuve ou en rénovation.

Appelons « traditionnel » ce réseau qu’on ignore par défaut et qu’on peut caractériser par sa simplicité pour les usages basiques : un interrupteur ouvre ou ferme le circuit alimentant une lampe, et par conséquent l’allume ou l’éteint. On peut aussi dire que le summum de sa difficulté conceptuelle consiste en un va-et-vient composé de 2 interrupteurs pour gouverner une lampe commune puisque qu’au dela de 2 interrupteurs, la norme NF C 15-100 oblige à passer par un télérupteur. C’est ainsi que dans une certaine mesure, ce réseau s’émancipe vers une séparation des circuits de commandes et des circuits de puissance :
– tous les interrupteurs composant le va-et-vient sont reliés entre eux et le télérupteur : c’est le circuit de commandes
– le télérupteur (qui actionne l’ouverture ou la fermeture) est directement relié aux circuit lumière : c’est le circuit de puissance

A l’opposé, les réseaux « domotiques » séparent systématiquement les notions conceptuelles de circuits de commandes et de circuits de puissance. Dans sa version la plus avancée, c’est l’informatique et l’électronique qui s’occupent des circuits de commandes. C’est ainsi vous pouvez désormais controler les appareils à partir de votre ordinateur, votre téléphone, mais aussi par la voix (Alexa, Siri, etc…), sans oublier les interrupteurs : mais ceux-ci ne coupent plus directement le circuit, ils envoient une instruction à un ordinateur qui s’en charge.

Reprenons le schéma « traditionnel » : tout est finalement puissance, c’est-à-dire en 220V. Les cablages « domotiques », au contraire, ont toute latitude pour concevoir les circuits de commandes : le 220 V est toujours possible mais comme ce circuit se contente d’envoyer les informations de commandes, une tension bien moindre est suffisante et sera pratiquement toujours inférieure à 30 V, seuil à partir duquel est elle est considérée sans danger pour les etres humains. Les ondes radio (comprenant aussi la WiFi) sont aussi souvent utilisées, mais vous le savez déja puisque vous utilisez une télécommande pour commander le portail de votre garage !

En conclusion de cet article, j’aimerais attirer votre attention sur le fait que :

– Les réseaux « domotiques » permettent des usages élaborés, voire tout simplement impossibles à réaliser avec les réseaux « traditionnels ». Le domaine de l’automobile a délaissé les réseaux « traditionnels » au début des années 2000. Dans le domaine de la construction, nous en sommes encore à l’age de pierre, et c’est une raison suffisante pour se poser des questions.

– Le cablage « traditionnel » est encore majoritairement installé de nos jours, c’est celui installé par défaut. Sa simplicité peut rassurer, mais elle n’est qu’apparente : Sans séparation conceptuelle des parties puissance et commandes, la porte est ouverte aux implémentations physiques « spaghetti », d’autant plus que l’électronique s’y invite de plus en plus souvent, de gré ou de force.

– Nous connaissons tous les déboires de l’électronique dans l’automobile. Similairement, les  réseaux résidentiels « domotiques » ne sont possible que grace à l’électronique, et n’en sont donc pas exclus. De nombreuses questions se posent alors : l’électronique étant souvent de conception propriétaire, qu’en est-il de l’indépendance des électriciens, et du suivi des pièces dans la durée ?

Pour autant, ne gardez pas les yeux fermés, faites ressortir ce réseau que vous ne voulez pas voir ! Il est à la base de tout et surtout faites un choix éduqué ! Continuez de consulter ce blog, je traiterai de ce sujet dans des articles qui suivent, sans pour autant y apporter de réponses définitives. Qui d’ailleurs le pourrait ?